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Voyage au Maroc

Aujourd’hui un long périple m’attend, je vais partir en direction de M’Hamid Gislhaine, tout au Sud du Maroc, là où la route s’arrête et ou commence l’univers des dunes du désert. Avant d’arriver à M’Hamid depuis Skoura, il faut repasser par Ouarzazate, puis traverser une chaine montagneuse rocailleuse, longer la vallée du Drâa jusquà Zagora, puis poursuivre encore une heure jusqu’à M’Hamid. Dans une même journée, c’est plusieurs types de paysages que l’on voit défiler.

Un trajet que le GPS donnait pour 4h me prendra toute la journée tellement je me suis arrêté pour voir le paysage qu’offrait cette superbe route.

Pour information, il y a beaucoup de travaux sur cette route, mais c’est pas très gênant, les portions sans travaux sont quant à elle très roulantes. De Skoura, on reprend la grande nationale jusqu’à Ouarzazate. J’aime beaucoup cette route, les formations rocheuses y sont très intéressantes avec les montagnes enneigées en arrière plan.

Depuis Marrakech, je ne m’étais pas encore arrêté pour faire le plein. J’ai fait environ 1000km et il me reste encore ¼ du réservoir. Mais vu que je pars pour un grand voyage, je préfère faire le plein dans la grande ville, à Ouarzazate. Au Maroc, le diésel est moins cher qu’en France, je le paye 9,4 Dirham le litre, les trois quart du plein me coutent 330 Dirham. Le cout au kilomètre de la 208 est vraiment faible, c’est impressionnant de sobriété ce moteur Peugeot. En parlant voiture, je suis bluffé par toutes ces vieilles voitures qui roulent au Maroc. Dans la station service, il y a beaucoup de jolis spécimens qui ont du voir passer des centaines de kilomètres, pour la plupart ce sont des voitures qui ne roulaient plus en France quand je suis né (ou alors pas assez longtemps pour que je m’en rappelle) : des 4L, des Peugeot break (dont je ne connais pas le nom), une Renault 5 (et non pas une Super 5), et puis les légendaires grosses Mercedes de l’époque (celles-là je m'en souviens bien par contre, y en a qui roulent encore ici). Il y a aussi beaucoup de Dacia, modernes elles. Des Lodgy pour les taxis, des Logan et quelques Duster. On voit finalement peu de voitures neuves dans ce coin du Maroc. Tous les jours sur la route, ces vieilles voitures en tout cas me fascinent, pour une bonne partie d’entre elle, je suis incapable de savoir quel modèle c’est, car j’en ai jamais vu en France. Je remarque aussi pas mal de camions Berliet sur la route, une autre marque dont j’ai entendu parler mais dont je n’avais jamais à quoi cela ressemblait. J'en prendrai plein en photo tout au long du séjour et j'en mettrai une petite sélection à la fin.

Le plein fait, je reprends mon long chemin plein Sud. Les amandiers semblent démarrer leur floraison, Mohammed avait raison, et cette touche de blanc va encore plus embellir le paysage de la région jusqu'à la fin de mon voyage.

Après Ouarzazate, la route s’attaque au premier massif, un espace minéral ou il ne semble n’y avoir aucun végétal qui ne pousse, sauf quelques palmiers ici ou là. La roche de ce massif est bien plus noire qu'ailleurs.

Cet espace vide est impressionnant, on traverse quelques rares villages, puis on passe des cols depuis lesquels on a une vue panoramique sur ces vallées désertiques.

Au loin, on aperçoit le relief étonnant des montagnes, qui ressemblent à des pains de sucre noir, au retour j'irai voir cela de plus près.

L’Oued a creusé des profondes vallées et serpente en contrebas.

Encore une bizarrerie minérale, des sillons creusés dans la montagne, comme des lignes d'altitude des cartes IGN.

Puis on redescend vers la vallée du Draa. Les végétaux refont leur apparition. La photo ne le rend peut etre pas bien, mais cette montagne a des teintes verdâtres !

Au dessus d'Agdz, une autre montagne aux formes torturées.

On arrive à la palmeraie qui longe le Drâa. Dans cette palmeraie, la densité de palmiers est vraiment importante, il y en a vraiment énormément. Je fais plusieurs pauses pour profiter de jolis points de vue.

Les villages sont de l’autre côté de l’Oued, la route bordant la palmeraie directement. On peut voir certaines grosses kasbahs dépasser de la végétation. La route est magnifique mais il y a beaucoup de zones de travaux encore et il faut faire très attention.

Sur une zone où les engins de chantiers sont garés en bord de route, on a une vue panoramique sur la palmeraie.

Après Zagora, il reste encore une heure de route jusqu’à M’Hamid. La fatigue de la route se fait sentir, il me tarde de voir ce désert de dunes de sable tant imaginé. A Zagora, il n’y a pas de dune en tout cas, la route continue tout droit plein Sud.

On traverse une large vallée bordée de montagnes ocres, puis le sable apparaît par endroit, accroché autour des arbustes.

Je suis tout content de voir concrètement que j’arrive au désert. Une dune isolée, la dune de Tindou, dépasse dans cette plaine, elle semble perdue au milieu de nulle part.

On passe le premier col, la vue sur cette vallée est incroyable, on se sent vraiment face à la vue fantasmée de l’Afrique avec ces arbres éparpillés (acacias ?).

Vue du col sur une des trois vallées avant M'Hamid.

Puis la deuxième vallée tout aussi magnifique, avant d’arriver aux vraies dunes.

Finalement, on a envie de s’arrêter sur l’une d’entre elles pour fouler de nos pieds le sable doux du désert. Le désert dans ce coin est en tout cas encore très végétalisé, il y a beaucoup d’arbres et d’arbustes autour desquels le sable s’est aggloméré pour former des dunes.

A M’Hamid, la route s’arrête, c’est ici que commence le désert. Au bout du village qui fait 300m de long le goudron laisse la place à la piste, domaine réservé des 4x4. Je retrouve Martine avec qui j’ai préparé le trek dans le désert. On discute un peu chez elle, je découvre qu’elle a habité la même ville que moi, que son fils a travaillé dans le même organisme que moi, quelle coïncidence, c’est drôle de parler de cela tout au bout du Maroc...

C’est avec Mustapha et Mohammed que je vais partir le lendemain matin, pour l’heure ils m’amènent à l’hébergement du soir à la Palmeraie. Le soir je reste dehors pour contempler le ciel étoilé au dessus des tentes de bivouac, je n'ai pas envie d'aller me coucher avec ce spectacle au dessus de la tête.