Print

Le soleil se lève sur le désert rocailleux, l’oued serpente au milieu, quelques nuages pastel dans le ciel. Le village est encore paisible, mis à part le coq qui s’en donne à cœur joie. On prend le petit déjeuner avec le couple de cantonais sur la terrasse, et puisqu’ils vont à Ouarzazate, je leur propose de les emmener car c’est sur mon chemin, ils acceptent. Avant de partir, je pars découvrir le Ksar de l’intérieur, ce que je n’avais pas fait la veille au soir préférant admirer le coucher du soleil depuis la terrasse de l’hôtel.

La superbe vue au réveil depuis la fenêtre sur le ksar.

On prend le petit déjeuner sur la terrasse de l'hotel.

Il y a deux moyens de traverser l’Oued entre le village nouveau et le Ksar, soit par le pont piéton au Nord, qui permet d’accéder à une entrée gratuite au site, soit par des sacs de riz qui permettent d’enjamber la rivière (mais accès payant sauf à revenir vers le pont piéton ensuite). Je choisis la deuxième solution, vu d'en bas, les kasbahs du ksar sont vraiment imposantes.

Deux larges groupes d’asiatiques (hongkongais et japonais) ressortent déjà de leur courte visite, je suis à présent strictement seul dans le ksar, avec les deux trois guides, vendeurs de souvenirs et habitants bien sur… Il règne une ambiance très calme dans ces ruelles étroites. Certaines kasbahs ont été rénovées, c’est intéressant de rentrer dans une d’elle pour voir de l’intérieur. Il y a plusieurs étages, la vue depuis la terrasse est impressionnante.

Au sommet du ksar se trouve le grenier collectif, l’Agadir, fruit du travail des villageois qu’il fallait défendre des pillages. On domine la région, avec l’Oued qui s’écoule vers le Sud et une zone désertique aux formes étranges à l’Est.

Cette zone est composée de monticules de couleurs, comme sur le bord de la route de la veille, j’en profite et sort du ksar pour aller voir ces rochers de plus près.

Depuis cette zone on a une vue différente sur le ksar, on ne peut pas deviner que l’Oued coule juste en contre bas, alors on imagine la citadelle surgir d’un désert au milieu de nulle part.

De là je rejoins la palmeraie au Sud du ksar, beaucoup plus vert grâce à l’ingénieux système de canaux qui amène le précieux liquide vital dans chacune des parcelles.

 

J’aperçois aussi une grosse cigogne, mais c’est difficile de la photographier correctement, elle s’enfuie dès que je m’approche un peu, et je ne suis pas équipé de téléobjectif.

Un dernier regard sur le ksar depuis la rivière, puis je rejoins le couple de chinois que j’avais proposé de déposer à Ouarzazate.

Au bord de la route, on tombe sur Brahim le sympathique aubergiste, qui va aussi à Ouarzazate, il monte dans la 208 lui aussi et c’est ensemble tout serré que l’on part, dans une voiture aux multiples langages, français, arabe, mandarin, cantonais, et heureusement anglais pour faire communiquer ensemble tout ce petit monde !

Nous déposons d’abord le couple de chinois au bus, puis Brahim en ville. Je continue mon chemin vers Skoura et à la sortie de Ouarzazate, après la station service à la sortie de la ville, j’embarque deux jeunes autostoppeurs. Dans la voiture ils me proposent de synchroniser leur téléphone en bluetooth à l’autoradio de la 208 pour me faire écouter la musique qu’écoutent les jeunes au Maroc (on arrête pas le progrès) c’est un très agréable moment qu’on partage.

J’arrive au gite la Palmeraie en bordure de la grande palmeraie de Skoura, prochaine étape de mon road trip. Le gite est très beau, encore une fois il n'y a pas encore beaucoup de visiteurs cette semaine, alors j'ai le droit à une chambre à l'étage sur la terrasse, avec salle de bains. C'est tout l'avantage de partir hors périodes de vacances scolaires.

La vue depuis la terrasse sur la palmeraie.

Mohamed reçoit avec le thé à la menthe, il a une très fine connaissance de la palmeraie et m'explique le système de division des parcelles, c’est très intéressant. En fait, Mohammed a aussi des parcelles à lui qu'il cultive dans la palmeraie pour fournir les produits frais servis à sa table, c'est pourquoi il connait tant de choses. De plus, il connait très bien la région et il me recommande chaudement de profiter d'arriver pendant la période de floraison des amandiers pour faire un tour à Toundoute, un village au Nord de Skoura où il y en a beaucoup.

Je note le conseil et on verra si on a le temps, j’espère bien car je ne suis pas là pour courir. Je déballe mes affaires dans la chambre, et là survient un petit souci :

Un "petit" souci qui m’oblige malheureusement à repousser la découverte de la palmeraie, en effet mon sac avec le cash et CB a disparu entre le départ d’Ait Benhaddou et l’arrivée à Skoura. C’est embêtant car la base de la base de la base du voyageur responsable est de ne jamais mettre ses moyens de paiement ensemble, de les garder toujours séparés, éparpillés, afin d’éviter de se retrouver coincé. Je m’étais dit que je le ferai cet après midi, trop tard
Bon heureusement le passeport et le téléphone eux sont toujours là. Bon il faut être rationnel, je dois résoudre ce problème dans le bon sens. D'abord je fouille partout encore et encore. Comme la recherche est infructueuse, j’appelle la banque pour faire opposition puis trouve un moyen de récupérer du cash pour continuer mon voyage. Je ne suis pas fier de moi : je me suis fait avoir comme un bleu pour le coup : tout mettre ensemble, honte sur moi, par contre je ne veux pas gâcher mon voyage pour cela, donc j’agis au mieux pour régler le problème financier. En effet pour le moment je n’ai plus un Dirham sur moi, ni aucun moyen d’en avoir (à part bosser à la plonge à l’auberge peut être, je pourrai aller demander si ils cherchent quelqu’un). Donc dernier recours, je m'envoie un mandat cash à moi même d'un montant suffisant pour couvrir la totalité de mes dépenses sur place pour 10 jours que j'irai chercher au guichet de la banque au village. Je pars me changer les idées en partant découvrir la palmeraie à pied.

Je ne pourrai pas la parcourir dans sa totalité avec mes jambes cet après midi, en effet la palmeraie fait 25km2, et compte presque 40 000 palmiers quand même.

Depuis l’auberge, on s’enfonce dans des petits chemins qui bordent des parcelles cultivées ou bizarrement toutes sèches.

Je croise des kasbahs ici et là, ce sont d’imposants bâtiments avec les fenêtres décorées, mais certaines ont été abandonnées et n’ont pas résisté à l’épreuve du temps. Ambiance fantomatique, renforcée par la solitude dans la palmeraie.

On passe aussi des endroits ou les parcelles sont sèches et les palmiers parsemés, certains spécimens sont magnifiques.

Mon fidèle véhicule qui se révèlera tout au long du séjour d'une fiabilité à toute épreuve.

En revenant sur les pistes principales de la palmeraie, on croise des enfants qui jouent, des vieillards sur leur vélos, tout le monde sourit et on se salue, parfois on discute aussi, ils demandent d’où je viens puis parlent de la France. La palmeraie est immense et il y a surement beaucoup d’autres choses à découvrir, j’ai lu qu’il y avait aussi une possibilité de faire une balade au départ du musée de Ouarzazate, vers la grande kasbah d'Amerhidil. En tout cas, on se perdrait dans ce labyrinthe de petits chemins qui zigzaguent entre les parcelles de cultures.

Le soir, je mange au gite avec les autres touristes qui logent ici, français aussi. Je fais la connaissance d’un couple plus âgé et d’un couple plus jeune, la soirée est chaleureuse et on finit notre repas sur les histoires de pierres précieuses trouvées dans la région par Mohammed, qui en a une belle collection.