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Pour ce break de Nouvel An Chinois, loin de l’Asie c’est au Maroc que je pars pour dix jours, à la découverte des beaux paysages du Sud du pays et aussi du désert.

Ce sera un merveilleux voyage, initiatique comme dira une parmi tant de mes riches rencontres, qui restera gravé dans ma mémoire comme un des plus beaux que j'ai vécu.

Lundi matin très tôt, je prends mon sac et rejoins mon covoiturage qui m’amènera directement à l’aéroport. Je trouve une très gentille jeune fille avec qui nous aurons une passionnante discussion qui me dépose devant le terminal sur la route de son travail. Il n’y a pas beaucoup de monde à l’aéroport et les formalités sont vite expédiées.

Le vol Swiss pour Marrakech est un peu en retard. C’est pas grave on est pas pressé. L’avion est plein à craquer, les hotesses ont été obligées de demander aux passagers avec les plus gros bagages à main de les poser en soute. Décollage au dessus des nuages, ils disparaitront un peu avant de passer le détroit de Gibraltar, superbe même depuis le ciel.

Nous arrivons en début d’après midi dans le terminal 2 de l’aéroport de Marrakech, magnifique bâtiment moderne. Première surprise, depuis le hublot, on est frappé par la proximité des montagnes enneigées, qui paraissent toutes proches de Marrakech. Superbe contraste, car la deuxième surprise c’est l’agréable température au soleil, une température digne d’un mois d’Avril - Mai en France.

Je récupère la voiture rapidement auprès de l’agent Hertz, une 208 quasiment neuve qui se révèle très agréable à conduire en plus d’être économe, parfaite pour le tour que j’ai prévu au Sud de l’Atlas.

Je branche mon GPS et sort non sans mal de Marrakech, il y a beaucoup de circulation et je n’avais pas compris qu’il fallait bien passer sous les murailles pour entrer dans la ville pour la traverser et non pas essayer de la contourner. Puis rapidement on arrive dans un paysage de montagne semi aride. La route est en très bon état. Je ne peux m’empêcher de m’arrêter de temps en temps pour prendre quelques photos du paysage grandiose.

On suit le cours d’eau qui serpente au fond de la vallée, on passe des petits villages.

Puis la montée du col débute lorsqu’un panneau annonçant une troisième voie de dépassement. C’est un boulevard pour grimper le plus haut col du Maroc à 2200m d’altitude, mais alors quel plaisir de grimper ces lacets sur une voie aussi large et dans un tel décor.

Arret au col de Tizi N Tchika pour se dégourdir les jambes.

La vue depuis le col est grandiose.

De nombreux revendeurs attendent les touristes pour leur vendre des « pierres ». Je ne suis pas sur qu’ils doivent en vendre beaucoup, néanmoins ils ont une technique de vente très rodée. Je discute un peu avec eux, vu l’heure il n’y aura plus beaucoup de clients potentiels aujourd’hui. Un ancien me demande si je peux le raccompagner chez lui, plus bas dans la vallée à Aguelmouss. Je suis quand même un peu sur la défensive, étant donné l’accumulation d’énormités sortie de la bouche de son copain depuis que je suis arrêté pour me vendre une fausse pierre brillante, voyant cela il me dit « je suis berbère, les berbères sont corrects », argument imparable non ? Allez en voiture ! En route, on discute de la France et du Maroc dans la voiture, il a plus de 70 ans et a eu 7 enfants avec sa femme, qui l’attend à la maison, je le dépose chez lui. Il me propose de prendre le thé, je refuse poliment, le soleil est déjà bien bas et j’ai encore de la route. La vue depuis son village est splendide les roches sont rougeoyantes.

La descente vers Ouarzazate se fait dans un paysage de moins en moins montagnard, on suit une vallée ou les abords de la rivière sont cultivés, avec des petits villages en bordure de route.

Enfin, on arrive dans une zone désertique où l’on trouve des formes minérales extraordinaires, des monticules de terre couleur pastel, et pas un arbre. Les couleurs ressortent bien avec la lumière de fin de journée.

On aurait envie de s’arrêter et explorer à pied toute cette zone, je me contenterai de les contempler depuis la voiture.

Mais je veux arriver avant la nuit à ma destination du jour, Ait Benhaddou.

La dernière portion de route est vraiment agréable, j’arrive finalement au village d’Ait Benhaddou, renommé pour son ksar, le plus bel exemple architectural de ce type de village fortifié du Sud marocain.

Je suis parti de chez moi très tôt ce matin et je n'ai pas envie de tourner en rond à la recherche d'une auberge. Alors je choisis de me rendre directement dans la première auberge noté dans le Routard, chez Brahim (300 Dirhams).

Le feeling passe directement avec Brahim, et surprise il était lui aussi ce matin à Genève, de retour de son premier voyage en Europe ! Intéressant d'avoir son point de vue marocain sur ma région... Il me présente la chambre puis me conseille de m'installer sur la terrasse pour profiter de la vue. Mais quelle vue !!

Depuis la terrasse de l’auberge, on domine le ksar de Ait Benhaddou est magnifique, et à cette heure tardive alors que le soleil est bien bas derrière nous, l’ocre de la pierre ressort de plus en plus.

On m'amène un thé avec quelques fruits, je déguste face au spectacle du couchant, ça y est je ne bouge plus, je profite de ces couleurs si chaudes du Sud.

Depuis la chambre, on a une vue directe sur le Ksar depuis le coussin !

Je fais connaissance avec un couple de chinois de Guangzhou qui loge aussi dans l’auberge, nous sommes en fait les deux seuls clients ce soir. C’est un couple de voyageurs chinois plutôt original car ils font un tour du Maroc pendant deux semaines en autonomie en alternant Couchsurfing et auberges et utilisent les bus pour circuler. Ce n’est pas vraiment l’habitude de la plupart de nos amis asiatiques que je rencontrerai pendant ce séjour, souvent en bus et qui font un trajet standard avec des arrêts minutés dans les haut lieux touristiques du pays. Nous passons une soirée très sympa sur la terrasse tout en contemplant le crépuscule tomber sur la citadelle. (je croiserai beaucoup de touristes chinois au Maroc, probablement un des plus grand contingent dans les zones touristiques, cela est notamment le fruit d’une volonté d’ouverture au tourisme chinois car ils n’ont plus besoin de visa pour séjourner au Maroc).

Par contre, sitôt le soleil couché, le froid arrive très rapidement. Heureusement j'ai été prévoyant et ajoute un sous pantalon sous mon jean et sort en doudoune avant d'aller diner. Grâce à cet accoutrement "alpin", je ne souffrirai pas du froid pendant ce voyage mais ça a été parfois limite.

Le diner dans l’auberge est gargantuesque, il y avait au moins à manger pour quatre ! Omelette puis tajine de poulet avec pain, et salade de fruit pour finir… j’ai fait le maximum pour terminer mon assiette mais impossible, j’espère que les restes d’un si bon repas ne finiront pas à la poubelle.

Puisque j’ai une chambre face à la vue, je règle mon réveil une demi heure avant le lever du soleil afin de capter les premiers rayons sur le ksar.